Château et bourg de Saint Clair du Rhône

Le Château de St Clair du RhôneRien n’a subsisté, ou presque, de l’ancien château de Saint Clair, qui se trouvait à l’emplacement de la statue de la vierge, au dessus de Burieux. A 271 m d’altitude, le site domine la plaine du Rhône et offre une large vue sur les alentours. Il occupe une butte nettement dégagée du relief environnant, aux pentes abruptes. La topographie du lieu est rendue d’une lecture difficile par l’aménagement de plusieurs chemins (dont un récent, menant à un relais de télévision…), par les travaux liés à l’installation de la statue (Notre Dame de bon secours, 1875), autant que par des broussailles envahissantes. Le site se compose d’un tertre au relief plutôt mou, portant la statue de la vierge [motte castrale probablement], et d’une terrasse quadrangulaire formant la basse cour, sur laquelle se devinent les traces de murs arasés ; un léger fossé sépare ces deux aménagements de terre. De l’enceinte du bourg est conservé en élévation un fragment de mur, d’une quinzaine de mètres de longueur, descendant dans la pente côté plaine. Il ne présente aucune ouverture caractéristique permettant une quelconque datation; on remarquera cependant qu’un chemin de ronde et son parapet le couronnent. Il n’a pas été possible de suivre le tracé de ce mur d’enceinte sur l’ensemble de son pourtour.

Le terme de villa de Saint Clair apparaît en 1157 dans la bulle du pape Adrien IV confirmant les possessions de l’église et du chapitre de Vienne, et c’est encore un vocabulaire vague qui désigne le lieu en 1194, lorsque Guy de Moras et Gautier Gilbergi vendent à l’église de Saint Maurice de Vienne, leur droit sur la terre de Saint Clair, pour le prix de 32 livres. Aucun chevalier, aucun noble portant le nom de Saint Clair n’est attesté par les textes. Une petite centaine d’années plus tard, l’existence d’un château n’est plus assurée, lorsque Alamand de Condrieu fut fait obédiencier de la majeure partie de Saint Clair et chargé de sa défense, le 24 février 1286.

Le château de Saint Clair du Rhône constituait alors l’une des rares possessions directes de l’église de Vienne dans le territoire de l’actuel canton de Roussillon, et fut la cause de plusieurs conflits de limites tant avec le territoire delphinal d’Auberives (surtout entre 1292 et 1310), que, plus gravement côté nord, face aux possessions de l’archevêque de Lyon à Condrieu. Dès la fin du XIIIème siècle, des conflits s’étaient élevés entre Saint Clair et Condrieu ; Ils se réveillèrent quelques années plus tard, menant l’église de Vienne à faire le siège du bourg fortifié de Condrieu, puis à signer un pacte de guerre liant le chapitre, l’archevêque, la ville de Vienne et le dauphin. Un traité de paix fut signé en 1315. Les hostilités reprirent en 1332 et Lyon reçut alors l’appui du roi de France, Philippe, intervenant comme suzerain de l’église de Lyon. pour ne s’être pas rendu à la comparution ordonnée par la France, le parti des Viennois eut à connaître les foudres du bailli de Mâcon, chargé de régler l’affaire par le roi : il passa le Rhône avec une force armée, s’empara du château de Saint Clair et le pilla, enlevant la relique de Saint Clair de l’église paroissiale…

Dans son acte de reddition toujours en 1332, le chapitre de Vienne s’engagea à ne pas reconstruire le château, qui dès lors dépérit.

D’autres informations sont disponibles sur le site de l’association 1804StClair Patrimoine