Histoire et patrimoine de la commune

D’après Michel Guironnet : «St Clair du Rhône, son histoire» (1980)

Histoires : Village de St Clair du RhôneAvant d’être une cité industrielle, Saint Clair du Rhône a été un petit village de paysans et d’abord un site gallo-romain dont on peut retracer l’histoire en s’appuyant sur l’archéologie et la tradition chrétienne.
Le village aurait été fondé au 1er siècle avant Jésus Christ, en même temps que Condrieu, par des Helvètes venus du Jura après un traité signé avec Jules César en 59 avant Jésus Christ, à moins qu’il n’ait été simplement habité par les Allobroges, peuplade gauloise qui aurait accepté de s’allier à César, l’occupant romain. Quoi qu’il en soit, le site est habité dès le 1er siècle après Jésus Christ, comme en atteste la découverte en 1962 de tout un village gallo-romain et la présence sur le site, de mosaïques, de tegulae (tuiles), de poteries et d’une statue en calcaire décapitée qui orne désormais l’entrée de la nouvelle mairie.

Après être passé sous la tutelle franque, le village appartint au compté du Viennois.

Quant au nom de Saint Clair du Rhône, il viendrait de celui d’un enfant du pays, Clarus, né en 590 après Jésus Christ au Gabion (hameau du centre du village), qui devint abbé du monastère Saint-Marcel à Vienne. Remarqué par sa vertu, son don de prophétie (il annonça les futures invasions des Vandales et des Sarrasins) et même ses miracles (un paralytique aurait été guéri le jour de sa mort en 660), il fut canonisé au 9ème siècle et on donna son nom à son village natal. En tout cas le nom de Saint Clair du Rhône apparaît pour la première fois dans une bulle du pape Adrien IV, se rapportant aux territoires appartenant à l’archevêché de Vienne en 1157.

Au moyen âge, Saint Clair du Rhône était, comme tout l’actuel Dauphiné, « terre d’Empire », le Royaume de France étant de l’autre côté du Rhône qui constituait une véritable frontière. Les habitants des deux rives s’affrontèrent à plusieurs reprises en de furieux combats avec des alternatives de succès et de défaites. Un château fort se trouvait sur la colline de la Madone, il en subsiste de nos jours un pan de mur. En 1332 il fut attaqué par les troupes du bailli de Mâcon sur ordre du Roi, en représailles d’une incursion de 10.000 Viennois qui pillèrent Condrieu deux ans auparavant. L’affaire se termina par le massacre de la garnison de Saint Clair du Rhône, la destruction du château, de l’église et du bourg.

En 1349, le comte d’Albon cède le Dauphiné au Roi de France, dont le fils aîné portera dès lors le nom de Dauphin. C’est sans doute vers cette époque que le bourg des Roches, jusqu’alors dépendant de Condrieu, est rattaché à Saint Clair du Rhône qui souffrit ensuite des Guerres de Religion. Le château rebâti fut à nouveau ruiné sous Henri III, à l’époque de la Ligue. La position stratégique de Saint Clair du Rhône, au bord du fleuve, ne lui garantissait pas la sécurité. Sous la Réforme, les troupes du Baron des Adrets incendièrent le village et l’église en 1562. En 1639 on note l’installation à Saint Clair du Rhône de Louis GRUBIS dont le fils Pierre sera nommé sous Louis XIV capitaine châtelain de Saint Clair du Rhône avec ses armoiries (qui furent plus tard reprises, en y ajoutant un dauphin, pour créer le blason de Saint Clair du Rhône). Au moment de la Révolution Française, Les Roches de Condrieu et Saint Clair du Rhône, qui ne formaient qu’une seule commune, se séparèrent. Les relations de cet évènement et des différends qui le suivirent sont complexes et varient selon leurs auteurs. On raconte qu’en 1802 « les mariniers des Roches de Condrieu obtinrent la séparation d’avec les paysans de Saint Clair du Rhône ». Les deux communes devinrent indépendantes.

En 1875 est érigée sur la colline dominant le village la statue de la Madone, à l’initiative d’Émile Faure (maire de la commune de 1839 à 1852). Il voulait ainsi remercier la Vierge d’avoir épargné tous les soldats Saint-Clairois partis à la guerre de 1870. Cependant, Saint Clair du Rhône, devenu un petit village d’agriculteurs et de quelques vignerons, périclite. La population diminue inexorablement, passant de 683 en 1855 à 412 en 1901. C’est alors que les industries chimiques vont venir s’installer dans le site proche du Rhône et de la voie de chemin de fer PLM. Dès lors, la population va régulièrement s’accroître : 1000 habitants en 1933, 2300 en 1963, 3650 en 1999, plus de 3850 en 2003. En effet, la Compagnie des Produits Chimiques et des Matières Colorantes créée par un ingénieur lyonnais Mr Rogemond, s’installe en 1916 aux Roches de Condrieu pour s’établir dès l’année suivante à Saint Clair du Rhône. Changeant plusieurs fois de raison sociale dont la plus connue reste celle Francolor, elle connaît son apogée vers 1950 avec près de 1000 salariés, avant d’être emportée par la crise de la chimie jusqu’à la fermeture en 2004 de l’entreprise devenue Stahl et le licenciement de ses 147 derniers salariés. La plateforme libérée est devenue une base logistique en développement. Une autre entreprise chimique a contribué au développement de la commune : la société Progil, spécialisée dans la production de phosphates de sodium et de sulfure de carbone. Installée à Saint Clair du Rhône en 1917, elle aussi, elle fut absorbée par Rhône-Poulenc en 1975 et rattachée à Roussillon en 1993.

Histoires : Les usines à St Clair du Rhône Mais l’éclatement du groupe Rhône-Poulenc donna naissance à 3 sociétés installées sur le site : Rhodia-Eco-Services, Prayon (phosphates alimentaires) et Adisseo (qui fabrique la matière première livrée à Roussillon pour la fabrication de la méthionine : aliments pour animaux). Il faut ajouter aussi l’installation en 1953 à Saint Clair du Rhône de la Chaudronnerie des Roches (C.D.R.) qui, après avoir compté jusqu’à 100 salariés puis avoir connu une mise en liquidation judiciaire, est repartie en 2005 avec un nouveau PDG et 36 salariés puis se divisa en plusieurs petites sociétés. N’oublions pas, non plus, parmi les grandes entreprises ayant contribué à l’essor de St Clair du Rhône, la société Prezioso, créée en 1956 par un jeune Saint-Clairois d’adoption (d’origine Calabraise). Cette entreprise de peinture industrielle, à l’envergure internationale, a conservé longtemps son siège et ses bureaux à Saint Clair du Rhône.

D’autres informations sont disponibles sur le site de l’association 1804StClair Patrimoine